LA PEAU SUR LES OS
LES ENFANTS TERRIBLES
CHEVAUX DE BOIS
À BOUT DE SOUFFLE.
nous sommes la maigreur & la crasse la candeur les regards revolvers. nous sommes l'impur l'absolu les crachats les ongles rongés l'horreur sybilline, cruauté utérine.
WE ARE ALL
LES CROCS LUISANTS DES LOUPS QUI FONT HURLER VOS CORPS
qui font pleurer vos cuisses, vos cuisses flasques de grandes personnes, oh mes petites nymphes de carton chères Calypso fadasses, sachez que vous allez perdre misérablement. dans ses bras j'ai toute puissance, malgré le néant que vous avez si bien cherché à combler, malgré l'odeur de ma peau que sur la sienne vous tentez si admirablement d'effacer. pauvres, pauvres petites filles ratées. bien trop jalouses, bien trop amoureuses, bien trop naïves encore & toujours. tu sais les filles comme toi je les mange avec les doigts. VOUS ÊTES SI FAIBLES. & t'en crèveras autant qu'elles, boy. parce que je ne t'aime pas. parce que je ne t'aime plus. & qu'à bien y penser. je ne t'ai jamais aimé.
je serre les cartes dans mes mains trop petites jusqu'à les faire saigner. TU COURS APRES LA VIE COMME UN CLÉBARD DERRIÈRE SON OS. BEN TU PEUX ARRETER DE COURIR. PARCE QUE TON OS C'EST MOI
les crocs luisants des loups.
les chairs mélangées comme on enfante un monstre. & embras(s)er le vide
sur la bouche.
jusqu'au sang.
la fin sera grandiose.

# Posté le lundi 08 février 2010 07:55

Modifié le lundi 08 février 2010 10:37


une dernière chose.
CESSEZ D'AVOIR PEUR. CESSEZ DE FUIR LE TEMPS. IL NE VOUS BRISERA PAS. VOUS ÊTES VOTRE PROPRE TYRAN. ALORS, PRENEZ LE TEMPS. PRENEZ LE. IL EST À VOUS. JETTEZ VOS MONTRES AU FEU, FAÎTES TAIRE LES AIGUILLES SI CELA VOUS APAISE. MAIS CESSEZ D'AVOIR PEUR. VOUS N'ALLEZ PAS MOURIR DEMAIN. ALORS FAÎTES COMME SI C'ÉTAIT LE CAS. ON DISAIT QUE, DANS QUELQUES HEURES LA VIE S'ANNULE. ALORS PRENEZ LE TEMPS. DE CONSTRUIRE AUJOURD'HUI COMME ON FAIT UN ENFANT.
SOYEZ MONSTRUEUX. SOYEZ VULNÉRABLES. SOYEZ L'ABSOLU. VOS DEMIES MESURES VOUS RENDRONT MALADES BIEN AVANT QUE LE TICTAC INCESSANT DES MONTRES SOUS VOS LITS NE VOUS TUE. SOYEZ FOUS. LA FOLIE EST ADMIRABLE PARCE QU'INCORRUPTIBLE. ÉCOUTEZ LE SANG. ÉCOUTEZ LA CHAIR. JE VEUX ENTENDRE VOTRE EXISTENCE CRÉPITER JUSQUE DANS MES VEINES.
NE RESTEZ PAS PLANTÉ LÀ.
LE MONDE VOUS OUBLIERA. EN TOUTE PROBABILITÉ, IL VOUS A DÉJÀ OUBLIÉ. MAIS IL Y AURA TOUJOURS QUELQU'UN POUR REMARQUER VOS ONGLES RONGÉS JUSQU'AU SANG. ALORS CESSEZ D'AVOIR PEUR. CREUSEZ DES PUITS. SORTEZ LES MÔMES DE SOUS LES RUINES. AIMEZ. MAIS NE TOMBEZ PAS AMOUREUX. SOUS AUCUN PRETEXTE. VOUS SEREZ AFFAIBLIS, ENGOURDIS, VOUS AUREZ MAL À EN CREVER. & PENDANT CE TEMPS LÀ, LE MONDE CONTINUERA DE TOURNER SANS VOUS.
ON SE RELÈVE DE TOUT MÊME DES CHUTES SANS FOND.
À VOS MARQUES. PRÊTS ?
EXISTEZ.

# Posté le samedi 23 janvier 2010 18:21

Modifié le samedi 23 janvier 2010 18:48

ITRYTOFINDTHESUN.

ITRYTOFINDTHESUN.
Mais ils vont la fermer ? oh !

NO FUTURE

Je marche dans la rue, les talons qui claquent terriblement sur pavé glaçé.

LET'S PEOPLE PLAY.

la terre va exploser on ne la sauvera pas, et ce chien d'humain survivra comme un fou. Ce sera La route de McCarthy, et voilà. L'espoir en moins.

ALORS VOUS LA FERMEZ.

Debbie tremble entre mes bras. Debbie tremble entre mes bras depuis le tout début. ET JE LECHERAIS SES ONGLES.

VOUS LA FERMEZ. Elle n'a pas la force de partir d'un serveur à la con, ou autre chose je ne sais pas, comme ça, p'tètre parce qu'elle est un peu toute seule dans sa zone zep mal grè ses étoiles en cendre qui la consume à domicile.

VOUS VOUS TAISEZ.

Je suis Margot Môme Vander Ghinst et j'écris. JE SUIS LA LIGNE. Nulla dies sine linea, c'est sur ma peau, tatoué, dessous, dedans, dans mes poumons fragiles et mes cernes. Je suis Margot Môme Vander Ghinst et tout ce que je ferais ne sera jamais assez bon. Assez beau. Puisque le soleil finira par tout engloutir et que rien ne survivra, la mémoire sera une donnée nulle et absolue.

N'ayez plus peur. VOUS ALLEZ CREVER. Pleurez, criez, soyez meurtris. Pauvres petits internautes. Oh debbie vous réchauffe alors ? La route jusqu'à la fin du monde va être longue pour vous.
RIEN NE RECHAUFFE.
Les hommes sont laches et les femmes beaucoup trop vivantes.

Sans utérus nous pourrions déjà tout faire flamber. Oui mais. Nous survivons. Et nous passons sur toutes leurs faiblesses infâmes, car il faut bien mettre au monde, mettre au monde, mettre au monde.

Voilà aussi sans doute ce qui nous rend si faible au jeu d'échec, nous avons à perdre, nous avons la terre à nourrir de chaire et de sang de nos petits enfants. ET TOI JOUEUR ABSOLU TU FLAMBES TU NOUS CONSUMERAS TOUTES, PUISQUE TU N'AS RIEN A LEGUER. quelques mots, une culpabilité, voilà là tes flaiblesses mais c'est une autre histoire. Qui ne vous regarde pas.

LAISSEZ LA.

Cessez d'écrire, cessez d'y croire. Tout ça n'existe pas. De toutes les façons, vous écrivez mal, et vos dieux vous abandonneront.
Et ci ce n'est pas le cas, c'est que vous serez resté aveugles.

L'orthographe importe peu et la mort fait crac crac dans mes entrailles.

Ce qu'il nous reste à faire. LSD, foule et electro. Ce qu'il nous reste à faire. Le crissement du vinyle et des voix crystalines, du coeur. Du coeur comme organe vivant, comme pompe à sang. Ce qu'il nous reste à faire. Ederlezi aux pieds. Abreuvez vous enfants des images terribles, celà n'vous sauvera pas mais.
Nous brûleront sauvagement Gavalda et Nothomb, Marc Levy, peut-être même Sartre.
Mais Zola reste dans vos ongles, le cortège d'Hugo restera dans l'histoire, et Camus est ineseperant, inespéré d'espoir.
Yourcenar et Duras.
Vian si je suis sympa.
Ce qu'il vous reste à faire. L'amour, mais l'amour comme la baise. La chaire, les dents qui s'entrechoque, la sueur.
Dansez, courez. Faites fonctionnez vos corps. Faites les transpirez. L'alcool terrifiant, les rires tonnitruant.
AUCUN D'ENTRE NOUS N'ECRIRA, NE COMPOSERA, NE PEINDRA QUOI QUE CE SOIT DE SAUVABLE.
& quand bien même un géni égaré sortirait du lot, tous les panthéon finiront en cendres, comme le reste.

Alors taisez vous. Laissez Eolch tranquille. Elle n'a rien pour vous.


"MA PURETE RESSEMBLE A LA MORT ET LA REVOLUTION DONT JE RÊVE N'EST PAS LA VOTRE, JE NE VEUX PAS CHANGER LE MONDE, JE VEUX LE FAIRE SAUTER."

Je suis Margot Môme Vander Ghinst, lisez, ceci est mon sang.

# Posté le dimanche 17 janvier 2010 22:19

Modifié le dimanche 17 janvier 2010 22:41

c'est quand même pas des commissures en miettes qui vont m'empêcher de sourire de crier d'embrasser. eh.
IL SUFFIT D'EMPOIGNER LA CRINIÈRE DE L'ÉTOILE.

# Posté le mardi 12 janvier 2010 14:52

Modifié le mardi 12 janvier 2010 16:40

Mano Solo est mort.
par conséquent moi aussi.
les clavicules par terre putain. PUTAIN.





# Posté le dimanche 10 janvier 2010 12:26

Modifié le lundi 11 janvier 2010 13:29

je m'appelle chloé & j'ai plus jamais peur. même la nuit & seule dans le noir & sous la pluie. l'année dernière le prof d'histoire nous a demandé à chacun en quoi on croyait. alicia a répondu "en moi", bien sûr. divine alicia & sa beauté prodigieuse, jambes sans fin teint hâlé cils immenses cheveux brillants nombril percé, richelieu & vernis rouge, parfait attirail de la petite fille parfaite à la vie qui brille, mais bien sûr à l'intérieur, ça part en vrille. divine alicia & les ecchymoses sous son maquillage, ses hanches bleues & ses cuisses dégueulassées par les brûlures de cigarettes. & moi avec mes grolles oranges mes roulées & mon rire de pétasse je savais absolument pas. dire en quoi je croyais. une fois je suis tombée amoureuse & pourtant c'était pas la nuit. j'avais sept ans & je les ai toujours. j'ai fait de l'équitation pendant six ans mais j'ai arrêté parce que je tombais plus. à la place j'ai essayé les garçons mais c'était moi qui les faisait tomber. alors ça servait à rien. d'ailleurs ça sert toujours à rien. après j'ai rencontré une fille elle s'appellait chloé mais pourtant c'était pas moi. & puis à force c'est devenu un peu moi quand même & ça faisait vachement mal à la gorge. dans un carnet noir le deux octobre deux-mille-six elle m'a écrit : "j'ai rien pour être malheureuse. enfin si, toi. mais à part ça ?" j'ai jamais répondu. parler sentiments avec moi c'est comme parler capotes à un séropositif. je connais une fille qui est bretonne mais qui cependant n'a pas un prénom à coucher dehors. je n'ai plus jamais peur. mais c'est encore & toujours, ces secondes monstrueuses. quand malgré mes pétards & mon sourire accroché je sens le froid qui me viole jusque derrière les os. quand mes dents se mettent à crépiter & que je supplie mon corps à feu & à sang, pour qu'il cesse de trembler. quand j'me retrouve toute seule sur mon sale quai de gare à finir ta clope en attendant, mais en attendant quoi putain.
EN ATTENDANT QUOI PUTAIN.
y'a toujours une fanfare.
y'a toujours un train qui part.
& malgré tout. eh môme, tu sais. même si les crocodiles me bouffent les jambes dès que je perds l'équilibre entre les lignes sur le trottoir. même si t'as perdu la foi le jour où on t'as enlevé l'espoir. on n'a pas le temps de ne pas vivre. rien n'est dit. tout reste à faire.

& quelque part je le sais, une aube se prépare.

# Posté le jeudi 07 janvier 2010 16:26

Modifié le dimanche 10 janvier 2010 09:58

_________________ _ La peau est la même pour tout le monde.
_________________ _ & comment en arrivez-vous à cette philosophie, jeune homme ?
_________________ _ J'éteins la lumière.


à mon signal. jouez. beaucoup trop de vomi. beaucoup trop de fais-ceci. & puis. j'aime bien les filles quand elles sont belles & les garçons quand ils sont cruels. j'aime bien découper mes cheveux la nuit. j'aime bien porter toutes mes fringues les unes sur les autres pour essayer d'avoir pas froid. j'aime bien les petits morceaux de peau vierge dans la barbe des mecs, à droite & à gauche sous la lèvre inférieure. & les étrangler avec leur pomme d'adam quand ils dorment. à mon signal. pleurez. j'aime bien le lait & la 8.6 & les clémentines & la menthe à l'eau. j'aime bien les pop corns quand c'est pas moi qui les mange. j'aime bien le goût du bruit de l'odeur des allumettes. j'aime bien voler leurs copains aux filles que j'aime pas. j'aime bien compter sur mes doigts combien de dodos il reste avant de voir B. & j'aime bien quand elle commande du jus de pamplemousse deux fois plus cher que mon demi. à mon signal. brûlez. j'aime bien les gens qui font la manche pour s'acheter des kinder surprise. j'aime bien pisser derrière des voitures. j'aime bien sentir la respiration de quelqu'un qui s'endort sur mon épaule. j'aime bien les sourires anonymes. j'aime bien quand tu rigoles & que tu dis, allez viens j't'emmène au vent. j'aime pas qu'en vrai, tu m'emmènes jamais nulle part. j'aime pas être toute seule dans le noir. j'aime pas les sous-vêtements couleur chair. demain est mort hier. la pluie a effacé toutes nos foutues marelles. les mômes d'ici flambent de froid avant d'avoir atteind la case ciel.

à mon signal. courez.

# Posté le samedi 10 octobre 2009 11:18

Modifié le mardi 05 janvier 2010 16:52

juste un rêve qui colle au plafond.

juste un rêve qui colle au plafond.
Personne il a les joues qui piquent & aussi des fois il regarde les cuisses des filles pour faire comme si il était un boys don't cry un vrai de vrai un dur un tatoué. mais en vrai Personne c'est juste un origami tellement bizarre que personne ne peut le deplier. & le problème c'est que les origamis même les plus compliqués, ça ne reste que du papier. c'est fragile le papier. ça se déchire ça s'envole ça se consumme & ça s'oublie. c'est pour ça qu'il est tatoué. partout. des fois on crache sur la Lune ou alors on se demande si les ours polaires ont froid & d'un seul coup il sort sa petite aiguille de dessous ses cils & il dit : eh petite t'as pas du feu? & moi je dis ta gueule je suis pas petite. mais je passe quand même ma main dans mes cheveux pour faire tomber des allumettes. alors il fait ce truc qui me tue à chaque fois : il frotte l'allumette sous son genou ou entre ses dents ou derrière sa nuque & ça fait crac & pshuiiit & l'allumette s'embrase & ça c'est vraiment un truc qui me tue à chaque fois. Il dit que c'est à cause du monstre qui crache du feu à l'intérieur de lui & moi je dis arrête tu me fais peur & il brûle son aiguille pour enlever les microbes qui sont dessus & il la plante n'importe où sur sa peau & il commence à dessiner des tas de trucs dedans & il saigne vachement fort alors il pleure. & Personne quand il pleure ça me tue à chaque fois tellement ses joues sont blanches & ses larmes noires & ses paupières froissées. & ce sale déluge lacrymal vient s'ancrer dans son sang pour s'encrer dans sa peau & c'est tellement beau & violent & triste & magique que moi aussi j'ai envie de pleurer. (mais je le fais pas parce que j'ai trop honte. je chiale vraiment trop comme une fille. mes joues à moi elles deviennent toutes rouges & les oiseaux dans mon ventre s'entrechoquent & font cling cling & j'ai peur qu'ils se brisent & qu'ils me perforent la peau & me fassent saigner encore plus que Personne & je tremble tellement fort que je ressemble à un petit garçon qui n'a pas appris sa leçon ou à un séïsme au Japon & je sais plus respirer & en plus mes larmes à moi c'est rien que de l'eau & du sel. alors j'ai vraiment, vraiment trop honte pour pleurer.) du coup pour ne pas ressembler à une fille je dis des tas de bêtises très très vite pour pas qu'il entende comme : ta peau c'est du papier & moi non plus j'ai pas pieds eh Personne s'il te plaît dessine-moi un grand, puissant, gigantesque élephant je monterai sur son dos & on regarderai passer les astéroïdes & les comètes & les étoiles & les cortèges altermondialistes eh dis si mes os ne sont pas de verre pourquoi j'ai tout le temps peur, de me cogner à la vie est-ce-que ce sont les oiseaux ou juste l'insomnie. mais Personne il s'en fout il continue de mélanger les larmes au sang. & moi je suis là & puis je claque des dents. avec Personne je suis personne. // à l'école les autres demandent tout le temps pourquoi on couche pas ensemble. sûr que si je leur parlais des oiseaux, ils se moqueraient encore plus de moi à la récré. les autres ils sont nuls. j'aimerais bien avoir des ciseaux à bouts pointus, pour découper leurs jolis yeux en suivant les pointillés. & un grand, puissant marteau, pour détruire les murs qu'ils construisent autour de moi. allez taper du pied dans d'autres no man's land, j'vous aime pas. // j'ai jamais voulu aller dans cette école, de toute manière. y'a que des tableaux noirs & des craies blanches & des gens gris. je trouve qu'on devrait apprendre des trucs qui servent vraiment dans la vie, comme : danser la valse des monstres, prendre le train sans billet, rouler les r comme les méchants à la télé, incendier des stations-service & tout & tout. ça changerai des logarithmes & de la pâte à sel. vous pouvez hurler, me taper sur les doigts: j' passerai pas ma vie à placer les virgules au bon endroit.

*

les gens me demandent toujours qui je suis. & je reponds "je suis Personne". Alors ils soupirent ou tracent des grands traits sur un petit carnet ou prennent un air appitoyé ou me claquent la porte au nez & après ils demandent qui est Babylone & pourquoi je parle qu'à elle & qu'est ce qu'elle a de si spécial. alors je dis plus rien. Ils méritent pas de savoir. // Babylone est insomniaque. oh, pas comme toutes ces femmes d'affaires stressées & ces amoureuses transies qui passent leurs nuits à se ronger les ongles pour un contrat compliqué ou un coeur calciné. rien à voir. c'est à cause des oiseaux. ceux qui se cognent dans son ventre. elle a peur qu'ils profitent de son sommeil pour exploser & se briser à l'intérieur d'elle & que des tas de petits éclats de ces foutus volatiles viennent lui transpercer la peau & les os. c'est aussi pour ça qu'elle ne mange pas. c'est quand même pas sa faute si elle a peur. quand on a des oiseaux de verre sous la peau, on peut pas se permettre de vivre comme tout le monde. du coup, elle a un tuyau planté quelque part dans l'epaule droite, qui la relie parfois à un petit sac transparent plein de bouffe liquide dedans. ça passe dans ses veines & pas dans son ventre, c'est plus doux, plus rassurant. (mais moi franchement quand je vois ça, je me dis que les frites c'est vraiment le pied.) de toutes façons, depuis quelques temps, elle mange un tout petit peu pour du vrai. des clémentines. je lui ai raconté l'histoire d'un clown neurasthénique qui a mangé tellement de clémentines que tout le jus lui a innondé le cerveau au lieu de descendre dans son ventre comme un simple steack de bas étages : l'acide a alors dissout tout son spleen tandis que le sucre & la couleur orange ont fait pousser des tas d'étoiles sous les os de son crâne. alors, elle mange des clémentines. elle est pas si compliquée, Babylone. on peut lui faire croire n'importe quoi du moment que ça commence par "il était une fois". // quand ils ont vu qu'elle mangeait, les médecins & Marlène ont fait des tas de gestes & de bruits inutiles & ils ont pris mon visage entre leurs mains en criant, comment t'as fait ça, qu'est-ce-que tu lui as dit, bordel de merde pourquoi il parle jamais ce gosse il va me rendre dingue. & ils ont tous dit àBabylone que c'était très bien & qu'ils étaient très fiers d'elle & elle restait là les yeux grands ouverts avec sa clémentine qui lui coulaient entre les doigts & je crois qu'elle y comprenait pas grand chose. ils doivent s'imaginer que je suis une sorte de bienfaiteur enfermé dans son mutisme genre grand sage ou je sais pas quoi. je les emmerde. je suis pas quelqu'un de gentil, que ce soit bien clair. // Babylone ne s'endort que dans les trains de nuit. Parfois sur le coup de 03:03, elle pose ses Crayola, s'effondre entre mes bras & murmure : dodo. alors je la porte jusqu'à la gare & on monte dans le premier train qui part. on s'assied en équilibre sur la petite structure rouillée qui relie les wagons entre eux. ça fait beaucoup de bruit & de vent mais au moins on se fait pas emmerder par les contrôleurs. & puis, en levant les yeux, on peut voir le ciel défiler à toute allure. c'est là, précisément, que dame Insomnie offre une trêve à Babylone en laissant ses paupières agitées se fermer sous mes doigts. // je ne sais pas si vous avez déjà surveillé le sommeil d'une fille qui a des oiseaux prêts à imploser entre les côtes. c'est autre chose que de passer la nuit à caresser le dos trop tendre d'une pauvre conne genre amoureuse de roman de gare. à la vérité, c'est un peu comme se lover contre une bombe à retardement. une sorte d'hybride entre grenade & coquelicot qui aurait des cheveux roses translucides collés sur les yeux & des morceaux de cauchemars au coin des lèvres. vous voyez où je veux en venir? moi non plus. je ne suis pas quelqu'un de gentil. bonsoir.

# Posté le vendredi 01 janvier 2010 18:11

je t'exsangue — BANG
t'assassine.
nous n'est rien
ou si peu.
j'aurai voulu m'appeller naufrage
ou alors tyrannie
mais : cancer du nénuphar
tant pis.
demain c'est décidé

JE SAUTE DANS LE VIDE

# Posté le mercredi 02 décembre 2009 19:28

Modifié le mardi 05 janvier 2010 16:44